Si quelqu’un veut te conduire au tribunal pour prendre ta chemise, laisse-lui aussi ton manteau.
Matthieu 5.40
Je trouve dans un ouvrage de Lytta Basset, philosophe et théologienne protestante, une réflexion qui me surprend : « Lâche aussi le manteau : c’est le verbe très concret qu’on traduit ailleurs par pardonner – laisse aller, congédie, dégage-toi … »
Je vérifie avec les quelques éléments de grec ancien qui me restent encore en mémoire (et un petit dictionnaire indispensable). Bel et bien, le verbe employé se traduit par « laisse, lâche » et aussi par « pardonne » !
Cela donne une coloration très pratique à la notion de pardon : il s’agit bien d’abandonner l’idée de vengeance, de « laisser tomber l’affaire », d’arrêter de tourner et retourner le truc dans sa tête. Refuser de pourrir de l’intérieur avec cette haine qui nous ronge. Tout déposer aux pieds de Dieu sans un regard en arrière. Lui confier tout cela dans le détail.
Le « Notre Père » ne dit-il pas : Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés 1 ? C’est dur ! Oui, mais c’est tellement libérateur. Réellement, cela nous rend libres, légers.
En faisant cette démarche, nous pouvons avoir confiance que Dieu nous écoute, nous comprend et qu’il saura nous consoler (voir lectures ci-dessous).
Sylvie Dugand
1 Matthieu 6.12
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Lecture proposée : Livre du prophète Jérémie,
chapitre 29, verset 11,
Évangile selon Jean, chapitre 16, verset 33.