À quoi bon ?

Il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va et oublie aussitôt quel il était.

Jacques 1.23, 24

De qui Jacques, frère du Seigneur, dit-il cela ? De celui qui écoute la Parole et ne la met pas en pratique ! Dans «Une fleur juive dans un jardin à la française»1, Alain Spiraux écrit  : «Me regardant dans une glace, j’y vois les autres. Et ce n’est pas pour me rassurer. Oh! Je ne suis pas un monstre. Rien qu’un homme ».Introspection si honnête qu’il se reconnaît chez les autres, qu’il serait pourtant facile de croire pires que soi. Ce miroir-là ne rassure pas! Mais à quoi bon s’être reconnu avec désolation, si c’est pour s’empresser d’oublier ? À celui qui oublie, Jacques oppose l’homme qui se reporte à la Parole de Dieu, la sonde et refuse de se donner du repos jusqu’à ce que les choses aient changé. Celui-là, dit-il, sera heureux dans sa quête. En effet, ce qui rend heureux, dit-il ensuite, ce n’est pas la religiosité, mais la mise en conformité de ses actes à l’amour du prochain que demande Dieu. Cet amour est résumé ici dans la visite des orphelins et des veuves autant que dans la volonté de fuir les souillures du monde. Oublier les problèmes ne les résout pas. La religion n’est pas une couche de vernis sur des illusions. Jésus seul, faisant de nous de nouvelles créatures, est capable de changer véritablement les choses en même temps que notre image.

 

 

Richard Doulière

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