Perdre pour gagner…

Lui [Jésus-Christ] qui est de condition
divine, n’a pas considéré comme une
proie à saisir d’être l’égal de Dieu.
Philippiens 2.6

Molière, dans sa célèbre comédie «L’Avare», nomme le personnage principal Harpagon. Ce triste sire est prêt à tout pour préserver ses écus, qui
dorment bien au chaud dans sa cassette. Molière s’est inspiré du grec «harpagos », le « rapace», celui qui tire à soi, d’où dérive aussi le terme «harpon». Nous retrouvons ce mot dans le verset ci-dessus, traduit par l’expression comme une proie à saisir. L’apôtre Paul, dans sa lettre à l’église de Philippes, cite les paroles d’un beau cantique des premiers chrétiens. Jésus par nature est de condition divine et aurait pu se prévaloir de l’honneur et de la gloire qui étaient les siens dans la communion avec son Père. Cependant, il n’a pas considéré comme un butin à préserver son égalité avec Dieu. Bien au contraire, il s’est volontairement dépouillé pour prendre notre condition humaine et s’est abaissé au rang d’un malfaiteur pour porter nos fautes sur la Croix. Jésus est l’anti-harpagon, celui qui abandonne tout pour que, de notre misérable condition de pécheurs séparés de Dieu, nous puissions accéder à la position d’enfants bien-aimés de Dieu. Dans cette même lettre, Paul, reconnaissant, peut dire  : Oui, je considère toutes choses comme une perte à cause de ce bien suprême : la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur1.

 

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Bernard Grebille

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