Rester lettre morte

Lorsque Jehudi eut lu trois ou quatre feuilles, le roi coupa le livre […], et le jeta dans le feu du brasier…

Jérémie 36.23

Cette locution verbale d’origine juridique révèle que certains textes de lois perdent de leur valeur d’application et deviennent inutiles. Par extension, elle signifie qu’une prescription reste sans effet  : on n’en tient pas compte. Le texte est considéré comme nul et non avenu, sans valeur, inutile. C’est ce qui arriva autrefois aux écrits du prophète Jérémie, au temps de Jojakim, roi de Juda. L’Éternel a dicté à Jérémie un premier texte, entièrement brûlé au feu par le roi sans avoir produit d’effet ni sur lui ni sur les dirigeants de Juda. Pourtant, l’avertissement était clair. Bien que son peuple ait eu une mauvaise conduite, Dieu prouvait encore son amour et sa patience; il attendait encore leur repentance pour pouvoir leur pardonner1, mais c’est une «fin de non-recevoir » du message divin. L’Éternel demande donc au prophète de réécrire le texte détruit, mais désormais le châtiment divin ne tardera plus : il n’y aura plus aucun descendant sur le trône et le peuple sera déporté à Babylone2. Aujourd’hui, nous disposons de la Parole de Dieu, mais qui en tient compte? Pour beaucoup, elle est obsolète, et elle reste souvent lettre morte. Mais il n’est pas encore trop tard pour vous de la prendre au sérieux.

 

 

Jean-Michel Guerche

Autres articles