ArrĂȘtez

Pourquoi donne-t-il la vie Ă  ceux qui ont l’amertume dans l’ñme [
] Ă  l’homme qui ne sait oĂč aller, et que
Dieu cerne de toutes parts ?

Job 3.20-23

Dans un feuillet, j’ai citĂ© Alain Spiraux. Il se fait dire en un entretien imaginaire avec François Ier : «On ne cesse de courir aprĂšs un train, sans savoir s’il mĂšne dans la bonne direction, ni mĂȘme s’il va quelque part. »
On ne court plus aprĂšs les trains; les portiĂšres se ferment avant le dĂ©part. Jadis, je le fis deux fois au-delĂ  du quai. Mais je savais oĂč il allait et quelles Ă©taient les consĂ©quences en cas d’échec. J’avais pu gagner le fourgon. Ouf! La course perpĂ©tuelle dont parle Spiraux est d’un autre ordre : fruit d’une angoisse indĂ©finie
ou ignorance choisie et entretenue des raisons de vivre. Car celui qui nous a créés nous a laissĂ© consignes et mode d’emploi de la vie qu’il nous prĂȘte. HĂ©las! nous prĂ©fĂ©rons les nĂ©gliger, parfois mĂȘme nous persuadant que nous n’avons ni CrĂ©ateur ni MaĂźtre et ne devons rien Ă  personne. La vie ayant perdu toute signification, nous courons ne sachant vers oĂč ni pourquoi, mus par les vĂ©tilles qui nous cachent l’essentiel. Car il faudrait prendre le temps de nous arrĂȘter et penser. Il paraĂźt qu’il vaut mieux courir. Ce qui est triste, c’est que les plus rĂ©sistants Ă  la pression en viennent Ă  courir aussi. ArrĂȘtez, et sachez que je suis Dieu2
dit Celui qui nous a faits. Il a quelque chose à nous dire qu’il est temps d’entendre!
Richard DouliĂšre

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